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Château de Josselin

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  Château de Josselin
Le château de Josselin est situé à Josselin, commune française du département du Morbihan en Bretagne. Réalisé entre 1490 et 1505 en reprenant bon nombre d'éléments issus du style Louis XII, il fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 21 août 1928. Il est une des pointes du triangle rohannais (trois grandes forteresses La Chèze, Josselin et Pontivy) qui a pour centre le village de Rohan, le fief nominal de la maison de Rohan dont le château est délaissé au profit des trois autres. Le château est depuis sa construction, la résidence des Ducs de Rohan.

HISTORIQUE :

Guéthénoc, cadet de la maison ducale de Bretagne, vicomte de Porhoët, de Rohan et de Guémené, membre de la famille des comtes de Rennes, aurait quitté la motte féodale de Château-Tro en Guilliers pour construire en ce lieu un premier château en bois vers l'an 1008. Il exploite ainsi un site de haute valeur militaire et commerciale comprenant un surplomb rocheux qui domine en à-pic la rivière Oust et correspondant à l'intersection de deux voies romaines : Sipia - Castel-Noec et Vannes - Merdrignac. Son fils Goscelinus donne son nom à la nouvelle forteresse6, Castellum Goscelini, d'où Château-Josselin puis Josselin, le bourg castral qui se développe au pied du château et offre une relative sécurité.

Le territoire est alors presque désert, mais connu par la chapelle Notre-Dame du Roncier où est vénérée une statue de la Vierge, découverte au ixe siècle et qui donne lieu à un pèlerinage, ce qui contribue à l'essor économique du village. Ce pèlerinage est d'ailleurs un des plus importants du Morbihan, après celui de Sainte-Anne-d'Auray. La pauvreté documentaire de cette période ne permet pas de bien saisir le rythme et les étapes de cet encellulement lié à la construction de ce château et au pardon de Notre-Dame du Roncier, mais il correspond à une entreprise des Rohan de défrichement, de concentration et de domination des hommes.

En 1154, Eudon de Porhoët, beau-père, régent et tuteur du jeune duc de Bretagne, Conan IV, rassemble des seigneurs bretons pour priver son beau-fils de ses droits. Il est défait par Henri II Plantagenêt, roi d'Angleterre et nouveau duc d'Anjou, auprès duquel s'est réfugié Conan IV. Vers 1170, Henri II vient en personne diriger la démolition du château et fait semer du sel afin de maintenir les murs en ruine.

La forteresse est relevée dès 1173 par le vicomte de Porhoët Eudon, allié du roi de France. Puis la châtellenie passe aux mains de plusieurs grandes familles étrangères à la Bretagne, dont les Lusignan, les comtes d'Alençon et du Perche. En 1370, ces derniers acceptent de céder Josselin, « château ville et châtellenie », à Olivier V de Clisson en échange de la baronnie du Thuit, près de Falaise. Cette acquisition coïncide avec le revirement de Clisson du côté français et amorce de manière délibérée sa brouille avec le souverain breton. À partir du château existant, Clisson fait édifier la forteresse la mieux armée de Bretagne : une enceinte féodale de 4 500 m2, avec un châtelet-résidence et des remparts de 25 m jalonnés de neuf tours et un énorme donjon de 26 m de diamètre et 32 m de hauteur. En 1389, Clisson est banni du royaume de France et est condamné à mort par le duc Jean IV. Il se réfugie dans sa place forte de Josselin mais Jean IV ne tarde pas à faire le siège du château. Parsemée de trêves, la lutte avec le duc de Bretagne continuera jusqu'à sa mort.

En 1351, le chevalier Jean de Tinténiac s'illustre dans le combat des Trente qui a lieu à Mi-Voie près de Josselin.

27 mars. Le Combat des Trente

Lors de la trêve, les Anglais de Richard Bemborough, vivent et saccagent les villages autour de Ploërmel. Les habitants s’en plaignent à Jean de Beaumanoir. 4

Richard Bemborough, Bembro, capitaine de Ploërmel pour Edouard III, irrité de la mort de l’un de ses compagnons, Thomas d’Ageworth, tué près d’Auray, en 1350, et ne pouvant venger cette mort sur ses auteurs, attaquait et rançonnait, malgré la trêve, les gens inoffensifs qu’il pouvait surprendre, et par des excès de ce genre, détermina Beaumanoir à lui jeter son gage de bataille. 5

A mi-chemin entre Josselin et Ploërmel, sur le territoire de Guillac se déroule le célèbre « Combat des Trente » où s’affrontent trente chevaliers bretons et trente chevaliers anglais, allemands et bretons. 6

Jean III de Beaumanoir, capitaine de la défense du château de Josselin, pour le compte de Charles de Blois-Penthièvre, lance un défi au gouverneur anglais de Ploërmel, d’où le combat des Trente. 7

Jean de Beaumanoir, est seigneur de Beaumanoir, de la Hardouinaye, en Saint-Launeuc, de Merdrignac et de Moncontour. C’est le fils de Jean de Beaumanoir, homonyme, et de Marie de Dinan-Montafilant, dite « Marie du Guildo ». Il est Maréchal de Bretagne pour Charles de Blois, lieutenant général de son armée, et capitaine de Josselin. 8

On trouve trace de la famille Beaumanoir à Evran dès 1212. Jean IV de Beaumanoir, Maréchal de Bretagne, s’illustra le 27 mars 1351 pour avoir gagné le combat des Trente qui opposait des chevaliers français et anglais. Jean IV de Beaumanoir, compagnon d’arme de Bertrand du Guesclin, épousa la nièce de celui-ci, Tiphaine du Guesclin du Plessis. Bertrand du Guesclin fut d’ailleurs fait prisonnier au château de Beaumanoir par les Anglais. 9

Beaumanoir, chevalier plein d’honneur, commandant de Josselin pour Charles de Blois, indigné des procédés de Bemborough à l’égard des Bretons, lui fit demander un sauf conduit pour aller le trouver. Il l’obtint et, avec beaucoup de fermeté, il reprocha à Bemborough

« de faire une guerre honteuse et cruelle, non pas aux gens qui portaient les armes, mais aux marchands, aux laboureurs, aux femmes paisibles ». L’Anglais irrité de la hardiesse d’un tel discours, lui dit d’une voix terrible :

« Taisez-vous Beaumanoir, qu’il n’en soit plus question. Montfort sera duc de toute la Bretagne, Édouard sera couronné roi de France et les Anglais auront partout la puissance et le commandement. ». 11

Beaumanoir répondit avec une grande modération :

« Songiez un autre songe, cestuy est mal ce songié. Vos goberges Bemborough ne valent néant. Agissons plus sagement s’il vous plaist, délivrez les prisonniers et nous verrons après ce qu’il conviendra de faire. » Bemborough, refusant de mettre les paysans en liberté, s’emporta et finit par s’écrier :

« II ne faut pas s’imaginer qu’il existe au monde d’aussi vaillants guerriers que les Anglais ; ils surpassent tous les autres en courage et en prouesses, et quant aux Bretons, qui donc en a parlé ? Qu’ont-ils fait ? Quelles conquêtes ont établi leur gloire ?... »

Beaumanoir, en présence d’une telle forfanterie, eut peine à se contenir. Il répondit cependant avec une modération apparente et très méritoire :

« Les Anglais sont sans doute des guerriers recommandables, mais, à mon avis, ils sont loin de l’emporter sur les Bretons. A l’occasion, je me fais fort de le leur apprendre par expérience ; et si Bemborough dont j’estime le grand courage, ne veut pas attendre une rencontre fortuite, il n’a qu’à choisir le jour et le lieu, et là, sans plus de paroles, je le lui ferai reconnaître. »

Et ce fut ainsi que fut décidé le combat des Trente (27 mars 1351).

Le jour du combat est fixé au samedi, veille du dimanche où l’on chante à l’introït de la messe : Laetare, Jérusalem. 12

Dix chevaliers et vingt écuyers, tous Bretons, s’adjoignirent à Beaumanoir, qui n’eût que l’embarras du choix dans la noblesse bretonne, impatiente de se mesurer à l’ennemi.

Bemborough eut grand peine à trouver ses trente soutiens ; sa petite troupe se composait de vingt Anglais, six Allemands et quatre Bretons partisans de Montfort.

Le choix des armes avait été laissé au gré de chacun. Un Anglais combattait avec un maillet d’acier, du poids de 25 livres ; un autre se servait d’une faux tranchante d’un côté, hérissée de crochets de fer de l’autre côté et dont les coups étaient mortels. La mêlée devint horrible et, après deux heures de lutte corps à corps, les adversaires, accablés de fatigue, s’arrêtèrent d’un commun accord pour reprendre haleine et se rafraîchir.

Comme on allait reprendre le combat, Geoffroy de la Roche, qui assistait en spectateur au combat, s’écria :

« Ah ! deux de nos amis ont déjà perdu la vie, trois autres sont prisonniers ! Dieu nous soit en aide ! Mais que ne suis-je chevalier ? Avec combien d’ardeur je ferais mes premières armes ! — Qu’à cela ne tienne, par sainte Marie ! dit Beaumanoir, beau doux fils, agenouille-toi. Je te fais chevalier. Souviens-toi de ton aïeul, Eude de la Roche, dont la valeur émerveilla tout l’Orient et songe que j’ai juré que les Anglais paieront ta chevalerie avant qu’il soit l’heure de complies. » Et ce fut ainsi qu’un seigneur de la Roche prit dans ce combat qui mit en relief la valeur bretonne, la place d’un de ceux qui y avaient laissé leur vie. 13

Le combat dura d’abord deux heures à l’issue desquelles les Anglais eurent l’avantage sur les Bretons du Parti de Blois. Bemborough proposa à Beaumanoir de « remettre à plus tard la journée et d’en référer à leurs Souverains »(dixit J. Froissart). Mais après avoir consulté ses hommes, Beaumanoir refusa et l’affrontement reprit. Les deux capitaines s’affrontèrent. Bemborough eut l’avantage sur Beaumanoir et lui enjoignit de se rendre. Ce à quoi le vaillant breton répondit : « Par Saint-Yves ! Il n’en sera pas comme tu penses ! ». L’Anglais voulut porter le coup de grâce à Jehan de Beaumanoir mais celui-ci fut sauvé par l’un des ses écuyers qui blessa Bemborough d’un coup de lance, permettant à Beaumanoir de décapiter son adversaire. Déconcertés, les chevaliers anglais décidèrent d’abandonner le combat.

La manœuvre gagnante fut effectuée par Guillaume de Montauban qui s’éloigne de la zone de combat, saute sur le dos de son cheval, se précipite sur le rempart de piques anglaises, pendant que lui-même frappe sur les anglais à grands coups de lance. Cette tactique permit de renverser sept ennemis, puis revenant sur ses pas d’en écraser trois autres. Voyant cela, tous les bretons se précipitent dans la trouée pour se jeter sur leurs adversaires. Sous ce choc, quatre ou cinq des anglais sont tués, les autres sont faits prisonniers.

La bataille s’achèvera une fois la nuit tombée. La victoire est franco-bretonne avec semble-t-il cinq morts contre une douzaine pour le camp ennemi dont leur chef Bamborough.

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